L’exposition comme médium… mais pas le fantôme, l’autre
Le Lab.Zone “L’exposition comme médium… mais pas le fantôme, l’autre” chorégraphie un chaos structuré sous la forme d’une exposition évolutive qui s’activera et se déplacera sur une durée de 20 heures entre les murs de l’espace d’exposition Forde et le cinéma indépendant Le Spoutnik à Genève.
En tant qu’artistes, emparons-nous de l’exposition comme médium de création. Concevons-la non pas comme une collection d’objets d’art ou une vitrine prescrite par les formes qui l’habitent, mais comme une structure produisant des réalités partagées. Envisageons-la comme un temps à rythmer, un espace à chorégraphier, un lieu pour observer, écouter, ressentir, ingérer, se rencontrer, échanger, manger, et se projeter. Réalisons qu’un objet d’art ne peut être que transitoire, que tout ancrage ou geste matériel ne se conçoit que dans un contexte spécifique et se réinterprète en permanence selon le prisme, le temps et l’espace. De là produisons une médiation empathique plutôt que didactique. Une ouverture pensée au niveau de la structure temporelle-même de l’exposition. Intégrons suffisamment de portes d’entrées pour permettre le passage de différents publics sans vulgarisation simpliste, condescendance ou infantilisation.
Fouillant les archives et les sous-sols, faisons émerger une étrangeté proliférante. Retrouvons, articulons et re-négocions le sens des mots de nos pédécesseureuses. Nourrissons-nous d’expériences portées par l’art contemporain et son Histoire: les Immatériaux de Lyotard, les expériences de Ruangruppa, Siegelaub et le XeroxBook, Autorittrato de Lonzi, Tom Marioni et Cafe Society, la Testa Konsthall de Maria Lind, les visions de Maggie Nelson ou le manifeste pour une exposition sous les tropiques de De la Barra. Liant corps et esprit en immersion totale, nourrissons-nous aussi d’excellents repas préparés par Laure et Roxane. Ajoutons-nous ensuite à ces prémisses. Inscrivons nos pensées par collage, superposition, juxtaposition, soustraction, ajoutons nos œuvres en dialogue, en oppositions ou par esprit de contradiction.
Concrètement: nous travaillerons au rythme de sessions immersives d’une journée, pendant lesquelles partager le repas de midi fait pleinement partie de la pédagogie. Le semestre d’automne sera dédié à la découverte de nos pratiques respectives, à la construction de nos bases théoriques, historiques et conceptuelles, à une phase de recherche dans les archives du Work.Master et à la conception de l’exposition. Le semestre de printemps sera consacré à la coordination et à la réalisation de l’exposition. Le cours se termine sur l’ouverture publique d’une proposition collective de 20h accueillie par l’espace d’art contemporain Forde et le cinéma indépendant Le Spoutnik à Genève. L’exposition présentera des œuvres d’artistes sélectionnéx lors de la phase de recherche du premier semestre ainsi que des propositions des étudiantex du Lab.Zone. Le suivi de l’exposition, de sa conception, à son démontage en passant par la sélection et l’invitation des artistes, le texte d’exposition et la production de la communication sera entièrement pris en charge par le Lab.Zone
Le Lab.Zone se tient en français et anglais.